Avoir des enfants peut-être un atout pour réussir sa vie professionnelle ? avec Marianne De Cidrac – ADREA MUTUELLE

Mère réussir sa vie professionnelle

Et si être une femme et une mère était un atout pour réussir sa vie professionnelle ?
Une réflexion qui nous traverse rarement l’esprit, tant les poncifs, voulant qu’être une mère de famille soit un frein naturel à l’achèvement d’une carrière professionnelle, sont encore encrés dans notre culture.

C’est pourtant ce que décrit très bien Marianne de Cidrac lorsqu’elle me parle de son parcours. Spécialiste de l’expérience client et de la transformation des organisations, elle nous dit comment devenir la mère d’une famille recomposée de 6 enfants, lui a permis d’être plus performante dans son job. Morceaux choisis.

AGEELINK : Lorsque je regarde l’ensemble de vos missions en tant que recruteur et tant qu’expert métier digital, je suis « agréablement surprise » par votre capacité à passer d’un monde à l’autre. Alors digital ou pas, comment naviguez-vous entre ces deux cultures ?

Marianne de Cidrac : C’est vrai j’ai eu la chance d’occuper des fonctions très différentes. J’ai commencé par la Marketing Direct et la Vente à distance, qui posaient à l’époque les bases des métiers du digital ! Puis un poste de Directrice des Nouvelles Technologies dans une agence de conseil. Et après cette période très « high tech », j’ai pris la responsabilité de la gestion de la Sécurité Sociale à la Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale. Donc, oui, on peut parler d’adaptabilité…

AGEELINK : Qu’est-ce qui personnellement vous a aidé à développer cette capacité d’adaptation ?

Marianne de Cidrac :

Le fait de me trouver à la tête d’une famille recomposée de 6 enfants m’a paradoxalement aidé à développer mon sens de l’organisation, ma créativité, et ma capacité à m’adapter à l’imprévu… Sans compter l’apprentissage de la gestion du stress.
J’ai dû rapidement apprendre à faire la différence entre les choses urgentes, les choses importantes, et toutes celles que je pouvais oublier… Ma situation m’a également appris à cesser de rechercher la perfection, ce qui facilite beaucoup l’existence….

AGEELINK : Membre du Comex et Directrice des Opérations, quelles sont les circonstances dans lesquelles vous avez su démontrer vos compétences en tant que décideur ?

Marianne de Cidrac :
Je pense effectivement faire partie des gens qui savent prendre des décisions. Les circonstances dans lesquelles j’ai dû en prendre ont été nombreuses et variées car j’ai été amenée à conduire de grands projets de transformation transverses. Pour pouvoir décider il faut à mon avis, et avant tout, être en confiance : avec son patron, qui doit autoriser les erreurs, avec ses collègues et ses collaborateurs. Quand on a très peur de se tromper on ne fait rien. A l’inverse, quand on ne supporte pas l’échec par orgueil, et que l’on cherche toujours à être le meilleur, le plus intelligent, on ne peut pas décider non plus… Car décider c’est aussi renoncer. Enfin, la prise de décision exige du courage car les conséquences d’un choix sont parfois très difficiles sur les plans émotionnel et humain.

AGEELINK : Quels ont été pour vous les déclencheurs de cette force de décision ?

Marianne de Cidrac :
La maternité m’a évidemment obligé à prendre encore plus de décisions, car il faut à la fois en prendre dans son travail mais aussi avec sa famille. Prendre une décision impactant son enfant est probablement plus difficile car l’affection et l’émotion sont beaucoup plus présentes que dans l’univers professionnel. Un enfant contrarié peut se mettre à pleurer voire à se rouler par terre… c’est plus rare avec un collaborateur ou un collègue !

Maintenant, je ne voudrais surtout pas laisser entendre que pour être performantes toutes les femmes devraient avoir des enfants ! J’ai beaucoup de respect pour toutes les femmes (et les hommes bien sûr) qui ne veulent pas ou ne peuvent pas construire de familles. En revanche, j’ai plus de mal à comprendre les mères qui renoncent à une activité professionnelle rémunératrice. Car sur un autre terrain, celui de la parité, je considère que l’autonomie financière des femmes est clé pour faire vraiment évoluer la société.

AGEELINK : Peut-être de quoi apprendre à revoir nos croyances négatives et à modeler un nouveau parcours pour les femmes.

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